PIERRE DE BERROETA

Rompant avec le figuratif, fondement de l’art occidental, la peinture abstraite est une véritable aventure esthétique qui a révolutionné tout le XXe siècle. Dans l’ombre des grands noms tels que Kandinsky, Vasarely ou de Staël, des centaines d’artistes ont contribué à la diversité des expressions artistiques abstraites. Pierre de Berroeta, peintre d’origine basque né à Paris en 1914, est de ceux-là.

Au cœur d’une abondante production, les décennies 1950 et 1960 montrent les ressorts du passage à l’abstraction et les premières années d’un travail purement non-figuratif.

Le peintre participe à ce rêve fou d’une poésie où l’émotion s’affranchit du monde extérieur, ou du moins le métamorphose jusqu’à le rendre non identifiable.

Ces deux décennies sont parfaitement représentatives de la quête menée tout au long de la vie de l’artiste. Une quête non pas motivée par une mode ou un mouvement artistique mais bel et bien portée par une conviction esthétique.

1914 : Pierre Ambroise de BERROETA est né dans le 17e arrondissement de Paris le 1er avril, de Jacques Alfred de Berroeta et de Marthe Tinel son épouse. Alfred, industriel, commerçait avec l’Argentine dans le domaine de l’orfèvrerie, mais se passionnait surtout pour l’art et collectionnait les œuvres de ceux qui sont aujourd’hui devenus célèbres. Cela influença-t-il le jeune fils ? Toujours est-il que Pierre, dès l’enfance, montra un grand intérêt pour le dessin et les couleurs. Parallèlement aux études suivies au lycée Pasteur de Neuilly, Pierre recevra des cours de dessin dispensés par madame Sampigny et des cours de peinture et gravure sur bois du peintre Clément Cerveau. Les vacances se passent au Pays Basque dans la villa familiale de Beyris, aujourd’hui quartier de Bayonne ; l’enfant de santé délicate deviendra l’adulte robuste qui résistera à la période de captivité au stalag IIc.

1959 – 1992 : Les premières toiles abstraites ne comportent que peu de couleurs et semblent témoigner de l’intensité du combat intérieur qu’a dû vivre Pierre de Berroeta lors de cette évolution. Puis les couleurs reviendront, accompagnées d’épaisseurs, ce qui marquera les toiles des années 1960. Les années 1970 seront celles de la plénitude picturale qui permettra d’aborder d’autres formes de son art : structures en matériaux divers, dalles de verre, carreaux de faïence, lave de Volvic émaillée et toujours des tapisseries. Retour aux gouaches et aux toiles seules pour les deux décennies suivantes. Le peintre passe désormais plus de temps au Pays Basque, près de la nature qu’il aime, qu’à Paris.